Créer les conditions du développement de médias libres, pluralistes et indépendants est une étape incontournable de toute transition démocratique. En Egypte et en Tunisie, où plus de 90% des foyers disposent d’au moins un téléviseur, la radio et la télévision constituent des outils fondamentaux pour rétablir le dialogue, restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et les aider à participer à la vie publique.
Dans ce contexte, l’UNESCO, France Télévisions et l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) organisent le 31 mai une conférence internationale en faveur de l’audiovisuel tunisien et égyptien (Salle XII, 9h30 à 17h30). La rencontre entend passer en revue les besoins, et encourager et coordonner les actions de soutien –qu’elles soient techniques, éditoriales ou encore législatives– proposées par les médias, les organisations intergouvernementales et les donateurs. Elle soulignera en outre la nécessité de développer un service public de radiotélévision dans les deux pays.
La Directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, le Président de France Télévisions, Rémy Pflimlin, et la Vice-présidente du Parlement européen, Rodi Kratsa-Tsagaropoulou, ouvriront les débats auxquels participeront les Présidents Directeurs généraux de la télévision tunisienne, Mokhtar Rassaa, de la radio tunisienne, Habib Belaïd, et de la radiotélévision égyptienne, Samy El Sherif.
A l’issue de la conférence, qui accueillera aussi des représentants des services publics audiovisuels d’Allemagne, de Belgique, du Canada, de Croatie, d’Espagne, de France, du Royaume-Uni, d’Italie, de Roumanie, de Suède et de Turquie, un résumé des recommandations clés sera présenté et un Plan d’action adopté.
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Coup de projecteur à l’UNESCO sur les sur les médias audiovisuels d’Egypte et de Tunisie

Journée mondiale de la liberté de la presse: “Les médias du XXIe siècle au service de la démocratie”-Tunis, 3 mai 2011
Message commun du Secrétaire général de l’ONU,
de la Haute Commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme
et de la Directrice générale de l’UNESCO à l’occasion
de la Journée mondiale de la liberté de la presse
3 mai 2011
La Journée mondiale de la liberté de la presse est née il y a 20 ans dans l’imagination d’un groupe de journalistes réunis à Windhoek, en Namibie. La Déclaration de Windhoek était un appel au combat pour la défense des principes fondamentaux de la liberté d’expression inscrits à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. C’était aussi le signal du changement dans le monde entier.
Vingt ans après, si le paysage médiatique s’est complètement transformé, notre objectif reste le même : promouvoir la liberté d’expression, fondement de la dignité humaine et pierre angulaire de la démocratie.
Notre époque présente un grand paradoxe. D’un côté, les nouvelles technologies et les nouveaux médias nous offrent des possibilités d’expression sans précédents. Un nombre croissant d’individus peuvent se communiquer des informations et échanger des idées dans les différents pays et d’un pays à l’autre. Cela permet de développer la créativité, de bâtir des sociétés saines et d’associer tout le monde à de nouvelles formes de dialogue.
De l’autre côté, de nouvelles menaces se dessinent. Conjuguées, dans un contexte de changements rapides, avec des formes de restriction plus anciennes, elles représentent de formidables défis pour la liberté d’expression. De nouvelles mesures destinées à bloquer, filtrer ou censurer l’information sont prises tous les jours. Ces menaces revêtent des formes différentes, mais elles se présentent toutes comme des violations d’un droit fondamental de la personne humaine.
L’Organisation des Nations Unies est déterminée à faire en sorte qu’Internet devienne un réseau public vraiment mondial auquel tous auront accès et où tous pourront s’exprimer. Il est donc important que des contenus de qualité soient diffusés. Et il faut prendre des mesures pour assurer la sécurité et l’intégrité physique des journalistes de la presse électronique. Tous les principes de la liberté d’expression doivent s’appliquer au monde d’Internet.
Et nous devons défendre ces principes. Pendant la dernière décennie, plus de 500 journalistes ont perdu la vie dans l’exercice de leur profession. Soixante ont été tués dans le monde au cours de la seule année 2010. Chaque semaine, de nouveaux rapports nous apprennent que des journalistes et des blogueurs ont subi des tentatives d’intimidation et des violences.
Nous devons réagir aux violations des droits fondamentaux de la personne humaine. Les États doivent tout faire pour empêcher l’impunité et pour assurer la sécurité des journalistes. Nous n’oublierons jamais le courage de ceux qui ont payé de leur vie notre droit de savoir.
La révolution médiatique suscite de nouveaux débats sur la liberté d’expression, sur le type de réglementation qu’il faut appliquer, sur l’équilibre à trouver entre liberté d’expression et responsabilité. N’hésitons pas à examiner tous les aspects de ces questions. Nous devons tous profiter de l’occasion et assumer la responsabilité du changement.
Vingt ans après Windhoek, nous constatons tous les jours qu’il est plus important que jamais de promouvoir la liberté d’expression. En cette Journée mondiale de la liberté de la presse 2011, nous demandons à tous les gouvernements de joindre leurs forces à celles de l’Organisation des Nations Unies pour garantir et promouvoir la liberté d’expression dans les publications papier, sur les ondes et en ligne.
Ban Ki-moon,
Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies
Navi Pillay,
Haute Commissaire aux droits de l’homme
Irina Bokova,
Directrice générale de l’UNESCO
La Journée mondiale de la liberté de la presse est célébrée chaque année par l’UNESCO partout dans le monde afin d’honorer les principes fondamentaux de la liberté de la presse ainsi que les personnes, professionnels ou non de l’information, qui se battent en faveur du droit à la liberté d’expression malgré les dangers que cela implique dans certains pays.
Cette année, vingt ans après la déclaration de Windhoek (Namibie) pour la création de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le bureau de l’UNESCO pour l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, le Syndicat national de journalistes tunisiens, le Système de Nations Unies en Tunisie et la Commission nationale tunisienne pour l’UNESCO organisent la célébration de cette journée à Tunis sous le thème « Les médias du XXIe siècle au service de la démocratie ». L’événement aura lieu le 3 mai au Centre culturel El Menzah 6 de Tunis, de 9h00 à 18h00.
La Journée consistera en une série de débats ouverts autour des thèmes :
- Les nouveaux médias : nouvelles formes d’expression et de participation, nouvelles tendances du journalisme et nouveaux modèles de gestion.
- L’aspect juridique et réglementaire : pour une meilleure protection de la liberté d’expression à l’ère des communications numériques.
- Les nouveaux obstacles : blocage en ligne, censure, surveillance, sécurité des journalistes et blogueurs.
L’objectif de cette journée est d’offrir une plateforme de réflexion sur les défis et les opportunités présentés par les nouveaux médias et les nouvelles formes d’expression en ligne (facebook, twitter, blogs, etc…) pour l’instauration de la démocratie en Tunisie, et de discuter des règles juridiques qui s’imposent afin de garantir la sécurité des blogueurs et des journalistes et mieux protéger la liberté d’expression à l’ère des communications numériques.
L’UNESCO, le Syndicat national des journalistes, le Système de Nations Unies en Tunisie et la Commission nationale tunisienne pour l’UNESCO invitent tous les journalistes et les partenaires du développement des médias à participer à la célébration de cette Journée.
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Contacts :
Mme Misako Ito, Conseillère pour la communication et l’information, Bureau de l’UNESCO pour l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie (m.ito@unesco.org)
M. Néji Bghouri, Président du Syndicat national de journalistes tunisiens, (nejibghouri@gmail.com)
M. Amor Nekhli, Centre d’information de Nations Unies en Tunisie (amor.nekhili@unic.org)
Mme Fatma Tarhouni, Secrétaire générale de la Commission nationale tunisienne pour l’UNESCO (tarhouni.fatma@minedu.edunet.tn
Programme
Quatre réunions illustreront cet événement:
9h30-10h00 Les premières leçons des cyber-révoltes, M. François-Bernard Huyghe, chercheur, Observatoire Géostratégique de l’Information, Institut de Relations Internationales et Stratégiques
10h00-11h30 Session 1 - Les nouveaux médias : nouvelles formes d’expression et de participation, nouvelles tendances du journalisme et nouveaux modèles de gestion
Éléments de réflexion :
- La profusion de blogueurs et de cyber-militants portera-t-elle préjudice aux journalistes professionnels dans l’exercice de leur métier ?
- Y a-t-il un risque que ces nouvelles formes de production et de diffusion d’information remplacent le journalisme traditionnel en Tunisie ?
- Comment les journalistes des médias traditionnels tunisiens peuvent-ils utiliser les nouveaux outils pour faire du journalisme de qualité ? Quel modèle de gestion pour les médias d’état tunisiens ?
- Avec les nouvelles formes de participation citoyenne, de nouvelles formes de violence peuvent aussi se développer sur le Net comme la cyber-guerre. Ces nouvelles formes de participation citoyenne contribuent-elles à la bonne gouvernance d’un pays ou plutôt à le déstabiliser ?
- L’Internet et les réseaux sociaux ont joué un rôle majeur quant à la mobilisation des populations dans les soulèvements des pays arabes. Quel serait leur rôle dans l’instauration de la démocratie en Tunisie ?
Modérateur : M. Philippe Quéau, Représentant de l’UNESCO pour le Maghreb
Présentatrice: Mme Sihem Najjar, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain
Commentateur 1 : Mme Alice Antheaume, Journaliste et responsable de la prospective et du développement international, École de Journalisme de Science Po Paris
Commentateur 2 : Mme Amel Chahed, Journaliste et productrice à la télévision publique tunisienne
Discussion – débat
12h00 – 13h30 Session 2 – L’aspect juridique et réglementaire : pour une meilleure protection de la liberté d’expression à l’ère des communications numériques.
Éléments de réflexion :
- Faut-il réglementer juridiquement la diffusion publique d’information en Tunisie ? Faudrait-il une législation spécifique à la diffusion d’information via Internet ? Quels seraient les mécanismes pour en même temps garantir le droit à la liberté d’expression des utilisateurs ?
- Le code de la presse tunisien sanctionne les injures et les diffamations. Ce code est-il utilisé pour poursuivre les journalistes professionnels et des citoyens ? Quel avenir pour ce code de la presse ?
- Comment résoudre les conflits de juridiction liés à la nature transfrontalière du Net et des réseaux sociaux ?
- La figure du cyber-journaliste existe-t-elle en Tunisie ? Quel statut pour les cyber-journalistes en Tunisie ? Quelle est la différence avec le cyber-militant ?
- Faudrait-il que les propos soutenus par des cyber-militants s’ajustent aux directives du droit de l’information ?
Modérateur : M. Jamal Eddine Naji, Coordonateur du débat national médias et société au Maroc
Présentateur : M. Kamel Labidi, Président de l’Instance nationale indépendante pour le secteur de la communication et de l’information
Commentateur 1 : Mme Isabelle Mariani, Maître de conférences en droit européen des médias, Institut de recherche et d’études en droit de l’information et de la communication
Commentateur 2 : M. Ridha Jenayah, Président de la Sous-commission de l’Information, Commission pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique
Discussion – débat
15h00-15h30 Présentation du rapport annuel du Syndicat national des journalistes tunisiens sur l’état de la liberté d’expression en Tunisie, M. Néji Bghouri, Président SNJT
15h30 – 17h00 Session 3 – Les nouveaux obstacles : blocage en ligne, censure, surveillance, sécurité des journalistes et blogueurs
Éléments de réflexion :
- Quels ont été les moyens utilisés par les blogueurs et les journalistes tunisiens pour échapper à la censure et la surveillance sous l’ancien régime ?
- En quoi les organisations qui se consacrent à la défense et à la protection des journalistes et de la liberté d’expression sont-elles affectées par la montée des médias numériques ? Comment assurent-elles la protection des journalistes et des bloggeurs tunisiens ?
- De quels mécanismes pourrait se doter la société tunisienne afin d’assurer la pérennité de la liberté d’expression sur le Net ainsi que la sécurité et la protection des journalistes et des bloggeurs ?
- Quel avenir pour le journalisme d’investigation en Tunisie ?
Modérateur : M. Sahbi Ben Nablia, Expert en communication et médias arabes
Présentateur : M. Adrien Gévaudan, Consultant en intelligence économique
Commentateur 1 : Mme Sihem Bensidrine, Porte parole du Conseil National des Libertés en Tunisie (CNLT)
Commentateur 2 : Mme Lina Ben Mhenni, Activiste et blogueuse persécutée par l’ancien régime
Discussion – débat
17h00 Mot de clôture par M. Mohamed Aloulou, Ministre de la Jeunesse et des Sports











