Affichant leur engagement à éliminer la mutilation génitale féminine, appelée également ablation génitale féminine et mutilation génitale féminine/excision, 10 institutions des Nations Unies .(HCDH, OMS, ONUSIDA, PNUD, UNCEA, UNESCO, UNFPA, UNHCR, UNICEF, UNIFEM) ont déclaré (27 février 2008) qu’elles soutiendraient les gouvernements, les communautés et les femmes afin qu’ils abandonnent cette pratique en l’espace d’une génération, avec une nette réduction d’ici à 2015, l’année où les Objectifs du Millénaire pour le développement doivent être atteints ont adopté une position commune fondée sur les conventions et chartes internationales auxquelles, faut-il le rappeler, la Tunisie a adhéré.
Toutes les filles ont le droit de grandir à l’abri de pratiques néfastes qui mettent en danger leur santé et leur bien-être. Pourtant, chaque année, rien qu’en Afrique, trois millions de femmes et de filles risquent d’être soumises à la mutilation génitale féminine et à l’excision (FGM/C), une pratique qui a des séquelles graves immédiates et à long terme sur leur santé, et qui est clairement une atteinte à leurs droits fondamentaux. À travers le monde, de 100 à 140 millions de femmes et de filles en ont déjà été victimes.
De récentes études montrent que les femmes qui ont subi une mutilation génitale risquent plus d’avoir recours à des césariennes, de devoir séjourner plus longtemps à l’hôpital et de subir une hémorragie au cours de l’accouchement. Et les taux de mortalité de leurs nouveau-nés, juste après l’accouchement, sont également plus élevés.
Les institutions des Nations Unies ont déclaré : « Nous sommes de plus en plus préoccupés par la médicalisation de la mutilation génitale féminine, c’est-à-dire lorsque la procédure est accomplie par des professionnels de la santé, dans des centres de santé. Dans les pays où la mutilation génitale féminine est très courante on entend souvent l’argument selon lequel une forme atténuée de mutilation génitale féminine faite par un agent de santé dûment formé est plus sûre. Mais cela ne devrait jamais être considéré comme une option ».
La déclaration fait valoir aussi que la mutilation génitale féminine est un signe de relations inégales entre femmes et hommes qui sont profondément ancrées dans des conventions sociales, économiques et politiques.
La pratique, croit-on, protège la chasteté de la fille et améliore ses chances de se marier en contrôlant sa sexualité. A ce titre, non seulement elle compromet la santé sexuelle et de procréation de la femme mais aussi elle perpétue un déséquilibre entre sexes au détriment des femmes.
« Nous reconnaissons que les traditions sont souvent plus fortes que la loi, et que des actions juridiques ne suffisent pas toutes seules » ont affirmé les institutions. « Le changement doit provenir aussi de l’intérieur. Voilà pourquoi il est capital que nous unissions nos forces et travaillions en liaison étroite avec les communautés et leurs dirigeants pour qu’ils puissent susciter des changements sociaux durables ».
Comme la mutilation génitale féminine est une convention sociale, souligne la déclaration, le meilleur moyen de l’éliminer consiste à travailler avec les communautés qui la pratiquent.
Au sein de ces communautés, la décision d’abandonner la pratique doit être collective, explicite et très suivie pour entraîner un changement positif – l’abandon de la mutilation génitale féminine en une génération. Il existe de plus en plus d’exemples de communautés un peu partout dans le monde où cela se produit mais cette initiative conjointe entend soutenir le passage à grande échelle de ces exemples afin que l’abandon de cette pratique devienne courant.


















